Energie verte : Hydrogène où en est-on ?

Hydrogène

Le secteur de l’industrie pétrolière est remis en cause depuis de nombreuses années. Enjeux sociaux et environnementaux, l’hydrogène apparait aujourd’hui comme une alternative saine et durable pour le secteur de l’énergie. Mais qu’en est-il réellement ? À l’heure où l’Union Européenne se doit d’atteindre la neutralité carbonne en 2050, les alternatives aux énergies fossiles se multiplient. Mais l’hydrogène est-il réellement vert ? Est-ce une énergie renouvelable d’avenir ?

L’histoire de l’hydrogène

histoire hydrogène

L’hydrogène a été découvert en 1766 par Henry Cavendish. Il doit son nom à Antoine Laurent de Lavoisier, du grec « hydro », « eau » et « genen », « engendrer ». Mais c’est en 1865 que la question de l’hydrogène apparait. En effet, à cette époque la demande en charbon devenait de plus en plus importante ce qui allait conduire à l’épuisement des réserves de charbon britannique. C’est alors 58 ans plus tard, le 4 février 1923, John Haldane, généticien et biologiste britannique imagina la création d’un réseau d’éoliennes pour produire de l’électricité qui allait générer de l’hydrogène par l’électrolyse de l’eau. C’était la première proposition concrète d’une économie basée sur la combinaison des énergies renouvelables et de l’hydrogène.

Un siècle plus tard, il est intéressant d’observer que les problèmes avaient déjà été bien cernés par Haldane, car les difficultés intrinsèques de la filière hydrogène sont bien connues et sont bien antérieures à la fois à la crise pétrolière des années 1970 et du cadre de la lutte contre le changement climatique.

Hydrogène gris vs hydrogène vert

hydrogène gris vert

L’hydrogène ne peut pas être considérée pleinement comme une énergie écologique. En effet, la production d’hydrogène nécessite de l’énergie, très souvent à partir d’énergies fossiles. L’utilisation en tant que telle de l’hydrogène ne rejette pas de CO2 et ne pollue pas, mais c’est sa production qui est majoritairement remise en cause.

Quelle différence ?

Il existe une différence notable entre l’hydrogène gris et vert. Si l’hydrogène gris est extrait de combustibles fossiles, et représente encore 95% de la production, l’hydrogène vert est appelé à jouer un rôle majeur dans le mix énergétique actuel. L’hydrogène vert lui est produit par électrolyse, c’est-à-dire en divisant l’eau en hydrogène et en oxygène à l’aide d’une source d’électricité renouvelables telles que l’éolien, le solaire ou l’hydroélectricité.

Le problème actuel est qu’il est difficile de pouvoir le stocker, de plus qu’il est peu rentable. Cependant, il constitue un important potentiel pour le secteur du transport.

Politiques favorables

commission européenne

Bruxelles a récemment proposé de considérer comme « vert » l’hydrogène produit à partir d’un mix électrique comportant du nucléaire, une décision saluée par la France. Cependant des pays comme l’Allemagne et l’Espagne prônent de classer comme hydrogène vert uniquement lorsqu’il est produit à partir d’énergie renouvelable. La France base, encore aujourd’hui sa production d’énergie majoritairement sur du nucléaire, qui est considérée comme une énergie non émettrice de CO2 mais non comme une énergie renouvelable.

C’est donc là la limite, est-ce que le « vert » doit inclure uniquement les énergies renouvelables ? Ou pourrait-il inclure les énergies non renouvelables mais non émettrices de CO2 ?

L’avenir de l’énergie

énergie renouvelable

Les pays de l’Union Européenne se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Les pays de l’Union Européenne s’efforcent donc de remplacer les énergies fossiles par des énergies vertes.  De plus, elle a publié son plan REPowerEU en 2022, faisant de l’hydrogène vert une priorité absolue.

La pression de l’enjeu environnemental

En France, seulement 16% de l’énergie totale provient d’énergies renouvelables. Le pays se situe donc en retard contrairement à de nombreux pays européens. Le bois, l’hydraulique, l’éolien et le solaire ont représenté 19,1 % de la consommation finale brute énergétique de l’Hexagone. Bien au-dessous des 23 % qu’ils auraient dû atteindre. C’est donc le seul pays de l’Union européenne à avoir manqué ses objectifs. (Cf. Agrivoltaïsme, quand les champs produisent de l’énergie)

L’objectif pour la France est de pouvoir arriver à atteindre ses objectifs à l’aide du nucléaire. Ce que de nombreux pays comme l’Allemagne refusent. Pour Berlin, le nucléaire est classé comme une énergie polluante à cause des déchets.

L’avenir de l’hydrogène

L’hydrogène joue un rôle majeur dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il n’existe pas encore de réelles alternatives aux énergies fossiles notamment en ce qui concerne l’industrie du transport. En attendant de trouver une solution efficace, rentable et 100% renouvelable et non émettrice en CO2, elle se présente comme une excellente solution de substitution. D’ici à une quinzaine d’années, l’hexagone compte construire 225 stations de recharges et 450.000 véhicules.

Airbus a déjà commencé à étudier les possibilités avec trois modèles de la gamme ZEROe (Zero emission) avec le turbofan, turboprop et le Blended-Wing Body. Le secteur de l’aviation est extrêmement compétitif et Boeing a annoncé le 18 Juillet 2022 sa trajectoire de transition vers le zero émission.

La compagnie EasyJet a confirmé son partenariat de long terme avec Rolls-Royce pour développer des avions à hydrogène et atteindre le « zéro émission » d’ici 2050. La compagnie affirme que les mesures engagées permettront de diminuer les rejets de CO2 des vols de 78 % en 2050 par rapport à 2019, par passager et par kilomètre, sous réserve que le développement de l’avion hydrogène s’accélère. (Cf. L’avenir du transport aéronautique et spatial)

Le pari est lancé, L’hydrogène se développe et les industriels misent sur cette énergie pour leurs transitions.

Hydrogene recrutement

Enfin la filière de l’hydrogène devrait créer plus de 100 000 emplois d’ici à 2030. Les profils d’ingénieurs sont actuellement les plus recherchés, mais des recrutements de techniciens et d’opérateurs seront rapidement nécessaires pour assurer l’exploitation et la maintenance des installations. 84 métiers sont recensés, avec 27 nécessitant une expertise dans ce domaine, 41 avec des connaissances de base, et 16 nécessitant aucune connaissance particulière dans le domaine. 

 

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